Détail de l'album

  • DATE DE PUBLICATION /10 avril 2020
  • LABEL /Klonosphere
  • FORMAT /LP, CD et Digital

Notre avis

Avec le temps et l’expérience, j’ai appris à jauger la valeur intrinsèque d’un album assez rapidement, mon avis n’évoluant que très peu une fois franchi le cap des deux premières écoutes. Loin de moi l’idée de donner des leçons à qui que ce soit mais la précision me semblait importante surtout lorsque j’emploie des adjectifs que certain(e)s trouveraient exagérés. Ceci étant dit, passons à ce qui nous intéresse aujourd’hui.

N’ayant pas cédé aux sirènes Bandcamp pour conserver l’effet de surprise, j’ai donc découvert “Black Neons”, la nouvelle offrande de Wallack une fois effectué la mise à mort du papier blister recouvrant ce disque. Et si vous êtes parfois comme moi, moins attiré par le côté métallique de la force, leur rock désertique et urbain devrait vous plaire. L’écoute de cet album donne tout simplement le sentiment de tomber sur une pépite d’or au gré d’une fouille musicale que l’on n’imaginait pas aussi fructueuse et ils réussissent une performance rare en ces temps formatés, c’est d’avoir d’emblée un style bien caractéristique et s’y tenir sans forcément se répéter à l’infini.

Wallack nous présente ainsi sept titres ambitieux guidés par leurs instincts, démonstrateurs d’un talent qui ne trompe pas. Relativement technique sans être déstructuré, solidement charpenté, “Black Neons” regorge de passages où guitare et basse alimentent sans artifices l’espace sonore, tissant la trame d’un univers où se cohabitent riffs massifs et passages planants. Les guitares parfois rampantes, parfois légères dialoguent avec justesse tout au long des morceaux, le batteur maitrise ses fûts avec bienveillance et le chant est juste parfait. L’étiquette rock indus restant pour l’heure bien trop sage pour eux, les poitevins nous proposent en supplément tout ce qu’il faut sur cette galette pour évoluer en haute altitude et il y règne une atmosphère électrique franchement hors normes.

Magistralement orchestré, ce qui séduit le plus dans cet opus, c’est la capacité qu’ils ont de nous faire voyager sans escale et de ne jamais sacrifier leur fond de jeu. L’équilibre entre musicalité et spiritualité est parfaite et ce groupe au sommet de sa forme peut devenir à coup sûr très rapidement une référence. Ces cinq musiciens en quête de faire un bon disque et de marquer les esprits s’en sortent divin

Arno Jaffré