Détail de l'album

Notre avis

Popularisés par la chaine américaine MTV, les sessions “Unplugged” permettent à des artistes populaires de donner des concerts dits “Débranchés”, c’est à dire sans instruments électriques. On se souvient avec bonheur de certains d’entre eux : Eric Clapton en 1992, Nirvana en 1994, Kiss en 1995 ou bien Alice In Chains en 1996.

Cet exercice ne se résume pas au simple fait de tout débrancher, car il faut la plupart du temps retravailler les arrangements. Et ça, Adrian Vandenberg l’a bien compris. Il retrace avec classe et en huit titres une partie de sa carrière. Dès les premiers instants, la signature vocale et musicale du groupe est reconnaissable, mais réinterprétée avec douceur et légèreté. Il semble appliquer une recette qui lui convient parfaitement et évolue de fort belle manière.

Tout y est en parfaite harmonie, et il n’y a qu’un seul but : celui de vous faire voyager et vous donner au passage quelques frissons, la voix de Jan Hoving y étant pour beaucoup, se faisant à la fois touchante, mélancolique, cafardeuse, et possédant cette faculté de nous transporter ailleurs. Dans la vie, il faut parfois savoir faire des pauses, s’extraire du cours des événements et respirer enfin un peu. Mais je vous parle de la vraie pause, celle où on laisse volontiers vagabonder son esprit, et où on se fond dans le décor et que l’on devient, l’espace d’un temps défini, l’observateur muet de son propre intérieur.

Cette nouvelle expérience sonore passe donc l’examen avec brio, et la musique de Vandenberg’s Moonkings peut désormais se savourer de deux manières : avec ou sans saturation. Joli cadeau de la part de celui qui fut durant de nombreuses années le guitariste soliste de Whitesnake et qui continue sa mue et se bonifie au fil du temps. En fin de compte, un disque du matin, quand la rosée n’est pas encore évaporée, et que la journée est encore riche en promesses. Un électrochoc, forcément, dans cette vie trépidante qui ne laisse aucune place à la sérénité.

On ressent également une osmose parfaite avec le son que l’on entend. Et comme à chaque fois que l’on est plongé dans ce genre d’état propice aux émotions et aux sensations fortes, on s’en va magnifier l’oeuvre pour qu’elle nous touche en plein cœur. Et ici, le but est atteint. Avec ce “Rugged and Unplugged”, Adrian Vandenberg, nous propose un véritable hymne au bonheur simple qu’est la vie sur une planète recelant tant de merveilles susceptibles d’imposer silence et respectueuse contemplation. Magnifique, tout simplement.

Arno Jaffré