Détail de l'album

  • DATE DE PUBLICATION /09 février 2018
  • LABEL /M & O Music
  • FORMAT /Digipack

Notre avis

Aimer un album, c’est aussi une question de timing. L’environnement, l’ambiance, le moral, l’état de fatigue…autant d’éléments à prendre en compte pour juger au mieux et qui font que vous allez apprécier ce qui passe dans vos oreilles, y revenir ou non. Alors que parfois, il me faut de nombreuses semaines pour apprivoiser pleinement un opus et en parler à sa juste valeur, ici, dès les premières notes, j’ai senti qu’il se passait quelque chose.

La première écoute pour qu’elle soit pleinement entendue, ne doit avoir pour finalité qu’elle même et la sobriété d’interprétation et de composition est tendue vers l’obtention d’un climat bien précis. Une fois que l’on a compris où veut nous emmener le groupe, on peut retourner à sa vie ordinaire. Mais durant ces six titres, on aura d’abord eu l’impression d’être enlevé dans un lieu difficilement localisable. C’est un voyage auquel nous sommes invités, un voyage qui cherche à nous perdre, à nous égarer. Un disque qui commence en beauté donc avec deux titres très bien écrits (Where Are You et I’m Done) sur lesquels les musiciens font étalage de leur talent.

Leurs enregistrements dégagent une saine vitalité créative, une énergie superbement canalisée et ils disposent également d’une empreinte mélancolique identifiable, nécessaire pour sortir du lot. La voix nous séduit d’entrée, tandis que les guitares brodent une trame musicale dense et captivante. Unia (du nom de son leader) est à des années lumière de la nauséabonde galaxie mainstream, et si l’écriture des chansons prend parfois une forme plus classique, l’esprit indépendant souffle plus que jamais sur ces compositions.

Les autres pistes sont du même acabit et l’alchimie imparable entre les rythmiques à la fois enveloppées et souples, les guitares aussi discrètes qu’aériennes et la voix chaude nous mettent en état d’apesanteur. L’émotion reste tout de même de mise sans que l’aspect mélodique soit délaissé. A l’image des deux premiers titres que j’ai déjà évoqué où ils osent incorporer de la fragilité sans nuire à l’ensemble, ils arrivent également à reproduire des mélodies entêtantes qui produisent un effet non négligeable sur l’auditeur, tout en ne faisant aucune concession, aussi infime soit-elle. Les mots de l’humain s’entremêlent avec ceux de l’instrument pour ne former qu’une seule langue, celle de la musique.

Un effort qui témoigne des capacités du groupe à encore évoluer et un combo qui a su se décomplexer de ses influences musicales, tout de même présentes mais superbement réinvesties. L’expression pop rock pourrait très bien définir leur musique, mais se montrerait en même temps réductrice par rapport à la richesse de celle-ci. Au final, une collection de six titres probants et une oeuvre attractive, qui mérite de tourner plus d’une fois dans votre lecteur.

Arno Jaffré