Détail de l'album

  • DATE DE PUBLICATION /08 décembre 2017
  • LABEL /Tee Pee Records
  • FORMAT /Digipack

Notre avis

Ecouter de la musique améliore la communication entre nos cellules et renforce ainsi notre système immunitaire. Ce n’est pas moi qui l’affirme mais une scientifique anglaise, qui après étude, a pu obtenir ce constat. Pour un mélomane comme moi, c’est une nouvelle qui ne passe pas inaperçu bien évidemment. Autre bonne nouvelle, les américains de The Atomic Bitchwax se sont enfin décidés à nous redonner de leurs nouvelles, deux ans après avoir sorti le très bon “Gravitron”. Mieux vaut tard que jamais me direz-vous, et vous auriez entièrement raison. Dommage en effet de passer à côté de ce nouvel album qui s’avale d’un trait, et qui renoue incontestablement avec l’esprit rock cher à John Garcia (Kyuss, Unida…) et à Dave Wyndorf (Monster Magnet).

Le paysage est aride, stérile, et peu propice à la vie. Le style lui, est brûlant, couvert de sable, et inhospitalier. Et pourtant, de plus en plus d’adeptes s’y intéresse. Le stoner “ligue des champions” de The Atomic Bitchwax, toujours accessible et jamais dans la surenchère technique, met les guitares à l’honneur, à une époque qui les a quelque peu délaissées. De quoi relativiser quelques idées reçues, et varier les angles d’attaque pour nous offrir un résultat à la fois varié, mais d’une incroyable cohérence. L’atmosphère dessinée est tour à tour intense et cérébrale, de quoi nous laisser prendre agréablement aux jeux d’accélérations et d’accalmies de ce trio aussi inventif qu’inspiré.

Une réelle envie de se frotter aux cadors du genre se fait sentir, et même si l’originalité n’est pas le maître mot de ces musiciens aguerris, les morceaux sont suffisamment concis et désinhibés pour qu’on les accompagne sur ce vol sans escale. Vous aurez compris également qu’on s’en contrefout, vu que l’ensemble est abouti, avec un son actuel qui ne tue pas les vibrations. Avec des compositions qui déferlent comme une coulée de boue, pas forcément très rapide, mais ô combien efficace pour vous coller les oreilles, et qui ont le mérite d’être superbement exécutés, Bob Pantella (batterie), Chris Kosnik (basse) et Finn Ryan (guitare) nous plongent dans un space trip combinant énergie et exploration musicale.

L’électrisante histoire de ce groupe fondé en 1993 devrait à l’avenir encore nous surprendre avec une amplitude et une générosité à toute épreuve. Le potentiel est là (et c’est peu dire) et nous attendons maintenant l’album qui réunira tous leurs atouts pour les porter à une nouvelle forme d’aboutissement.

Arno Jaffré