Détail de l'album

  • DATE DE PUBLICATION /septembre 2018
  • LABEL /Autoproduction
  • FORMAT /EP, CD et Digital

Notre avis

A la différence d’une scène qui promeut aujourd’hui l’artiste de l’instant ainsi que le premier crétin prêt à jouer n’importe quoi pour faire à tout prix le buzz, Sweet Criminals, à travers sa musique, réaffirme un relâchement naturel et traduit toute la paresse qu’un certain J.J. Cale savait sublimer. Ce duo composé d’Yves Barto et de Fred de Charco possède une approche qui traduit une certaine bohème que nous avons laissé partir.

Toute la puissance de ce premier album réside dans son intensité émotionnelle, et non pas dans ses montées en gamme. Sept titres qui s’écoutent comme on lit un bon livre : on y contemple chaque mot, on s’émerveille devant l’ordinaire et on se réjouit devant l’agencement de chaque phrase. D’une sobriété exemplaire, le son respire la sincérité, la mélancolie et une patine rétro totalement assumée. L’enregistrement “fait à la maison” y ait sans doute pour quelque chose.

On se retrouve donc assis sur un rocking-chair à s’extasier du moindre accord de guitare et le frottement des cordes y est instinctivement très pur. Toute la sagesse alliée à une instrumentalisation irréprochable fait de ces quelques chansons un moment bien singulier et cet aspect donne à cet opus les lettres de noblesse qu’il mérite. Un exercice tout aussi contemplatif qu’existentialiste en fin de compte.

Combien d’artistes peuvent se vanter de savoir encore composer de cette façon ? L’écriture aussi splendide que les divers éléments qui ont fait le succès de Crosby Stills & Nash, Neil Young ou plus près de nous Ad Vanderveen and the O’Neils fera pâlir les cœurs les plus serrés. Un éternellement recommencement qui contraste avec des paroles d’aurevoir qui marque la fin d’une époque. Avare en larsen, mais renversant de bout en bout par l’économie de ses moyens, Sweet Criminals arrive à point nommé, en ce froid hivernal, pour nous redonner du baume au cœur.

Arno Jaffré