Détail de l'album

  • DATE DE PUBLICATION /24 avril 2020
  • LABEL /M & O Music
  • FORMAT /EP, CD et Digital

Notre avis

Certains nous vendent depuis quelques mois l’émergence d’une nouvelle vague de groupes de thrash metal formés par des gamins tombés par hasard sur les vieux vinyles de leurs parents (Lost Society ou Alien Weaponry), et d’autres anciens du Big Four nous jouent sans cesse le coup du retour aux sources (Anthrax). Quoiqu’il en soit, ce genre est bien vivant, et on ne peut que s’en féliciter. Et c’est là qu’intervient Razor Butchers qui avec son premier album intitulé “Slaughter” dégage une volonté de tout fracasser réellement impressionnante.

Originaires du Nord Est de la France, ils affichent des ambitions claires et possèdent une énergie palpable et fédératrice, mais comme décuplée. Il n’est pas aisé de pointer du doigt une influence prédominante, même si, ici et là, nous pouvons distinguer au détour de certains passages, les ombres de plusieurs géants de la catégorie. Mais les réduire à une somme d’influences serait injuste pour ce combo, certes inspiré par ses aînés, mais sachant néanmoins s’affirmer, grâce notamment à une fougue dévastatrice et à l’apport d’une touche de death metal.

Si la dynamique est souvent identique, on note cependant que le quintet varie, et avec réussite, les ambiances en présence, et pratique sa musique sans vraiment ressembler ou copier quiconque. Dotés d’un son puissant et parfaitement adapté au style, ils empilent les titres virulents. Inutile donc d’attendre de leur part un son édulcoré. Les compositions sont bien construites, tout s’enchaîne avec un plaisir non dissimulé, et on remarque d’emblée qu’ils ont privilégié la vitesse d’exécution au mid tempo. Incisif et frontal, ce premier opus est ultra efficace, et propose des riffs d’une précision chirurgicale avec un sens de la rythmique imparable. Le chant est hargneux et les solos sont rapides et particulièrement bandants.

A vrai dire, on ne sort pas totalement indemne de ce carnage, et il vous faudra reprendre régulièrement votre souffle pour en venir à bout. La barre est donc très haute. Pourvu que ça dure !

Arno Jaffré