Détail de l'album

Notre avis

L’enthousiasme que j’avais pu ressentir initialement pour ce groupe lors de la sortie de leur premier album (Long Play sorti en 2017) n’a pas disparu. Doté d’une magnifique pochette, les varois de Poste 942 sont de retour pour nous offrir un nouvel échantillon, une séance de rattrapage de leurs différents univers, mixant riffs puissants, grosse chape rythmique avec des passages plus délicats et tout en finesse. Au menu : une version reboosté du titre “49.3”, un inédit (Kill The Princess) et un titre caché qui rend hommage à un film culte des années 80 (je ne vous en dis pas plus volontairement).

Le terrain est connu, apprécié et ce combo sous influence trouve malgré tout son identité sur des bases pourtant très classiques et se fraye un chemin à travers les marécages. Si ces excellents musiciens gardent une filiation sonore évidente avec la sphère stoner rock, ils s’en éloignent parfois pour un heavy rock plus traditionnel et ils développent leurs morceaux en creusant une idée de départ tout en parvenant à rester concis. On assiste à un long développé couché désertique qui finit inévitablement dans les profondeurs du méandre et de nos derniers retranchements. Une figure de style certes mais dans tous les cas, un exercice réussi.

Après plusieurs écoutes, on est finalement (fatalement) conquis et si le compteur ne s’affole pas toujours, une puissance souterraine se dégage de tous ces titres balancés sur un rythme plombé qui sert de trame à des vocaux claires (qui se bonifient au fur et à mesure) et des guitares extra grasses et riches en calories. Niveau son, on en a pour son argent et l’ensemble tient la route sans problème. Sinon, difficile d’extraire un titre du lot tant ils présentent tous les mêmes qualités, bien que j’ai une légère préférence pour certains sans vraiment pouvoir en expliquer les raisons. Si les douze pistes sont dans le format standard des formations pratiquant ce style, ” Kill The Princess” s’égare au delà des huit minutes et on navigue alors à la limite des eaux boueuses où voguaient naguère des combos originaires des bayous.

On frise le bonheur et on ressort clairement de l’expérience avec le sourire et confiant quant à l’avenir de cette formation originaire de Tourves. Mais réduire “Long Replay” à ce titre serait une erreur car ils ont su distiller sur les autres onze compositions un son juste éclairé au loin par une lumière rédemptrice. On en ressort essoufflé et en fin de compte plus vivant que jamais comme un astronaute sans oxygène l’espace d’un instant. Je vous invite donc à (re)découvrir ce groupe qui se refuse d’emprunter les voies du gros stoner bas du front (qu’on aime pourtant) et qui se veut plus cristallin et plus recherché dans la sonorité.

Arno Jaffré