Détail de l'album

  • DATE DE PUBLICATION /8 juillet 2017
  • LABEL /Autoproduction
  • FORMAT /Digital (Bandcamp) / CD

Notre avis

Après une démo et deux EP en quatre ans, Poste 942 nous présente enfin son premier album intitulé « Long Play ». Mis au monde par cinq compères, ces treize titres ont grandi dans le Var, en se nourrissant de très nombreuses influences. L’efficacité et l’énergie sont là et le groupe nous propose le medley d’un rock intemporel qui fait autant penser à AC/DC, à Nirvana qu’aux dernières sorties des Backyard Babies ou des Foo Fighters.

On sent d’entrée de jeu que rien n’a changé et qu’ils ne sont pas prêts de changer de style. Ils passent même en force (49.3) et rendent à leur manière un hommage à peine déguisé à notre ancien premier ministre Manuel Valls. Réjouissant à défaut d’être surprenant, ils poussent leurs compositions dans leurs derniers retranchements et nous assomment avec un heavy rock qui garde cependant de sérieux stigmates de stoner en guise de piqûre de rappel. Mais ne nous méprenons pas, même si on pourrait leur donner des origines outre-Atlantique, Poste 942 nous vient du Sud de la France. Ils nous démontrent ainsi et par A+B que la musique n’a aucune contrainte géographique.

En respectant leur esthétique sonore, avec de la virilité et du groove à revendre, ils font ce qu’ils aiment tout en prônant fièrement leurs influences. Ciselés pour la route, ça sent le goudron chaud et ça laisse des traces de pneu sur l’asphalte. Un peu comme cette cinquième bière qui a aussi bon goût que la première, ils enchainent les pistes avec bonheur et on note au passage une certaine variété dans la coloration des morceaux. Si vous étiez en manque de gros son, « Long Play » saura combler vos attentes, les varois n’ayant pas à rougir face aux autres formations du même genre puisqu’ils ne sont ni meilleurs, ni moins bons que la concurrence. A ce propos, il semble opportun de prévenir la gent féminine qui voudrait y prêter une oreille, que la totalité des morceaux sont irrévérencieux et carnassiers. Attention donc aux oreilles chastes.

Il a été dit dans les sphères bien pensantes du milieu des chroniques rock que tous les riffs ont déjà été écrits. Ce qui diffère, c’est l’exécution. Un commentaire de cette diatribe n’a pas sa place ici, mais le quintet nous donne un bon exemple sur « Devil’s Complaint » où ils marient un riff enflammé à un rock esprit garage. Musicalement parlant, tout ce qui est burné à sa place dans leur répertoire, et pêle-mêle, on aura des clins d’œil au rock, au punk rock, au hard rock. Le quintet n’hésite pas d’ailleurs à utiliser différents instruments, et notamment une cornemuse pour un hommage appuyé et volontaire à « It’s a long way to the top if you wanna rock ‘n’ roll » que l’on doit au gang des frères Young. De la musique déjantée et qui agace les voisins, rien de mieux pour se sentir bien vivant.

Arno Jaffré