Détail de l'album

Notre avis

Evacuons immédiatement le débat consistant à savoir si Pictured est un simple clone (ou bien une copie carbone) de certaines formations étrangères pour la simple et bonne raison que l’on s’en fout royalement. Lorsque l’on est un fan de hard rock/metal, ce n’est pas pour se torturer les neurones, mais pour passer un bon moment à solliciter ses articulations, le tout en musique et sans renverser sa bière. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’avec cet EP intitulé “Deathbearer” les quimpérois remplissent leur mission et si l’influence de la scène scandinave est évidente, le son et les compositions sont à la hauteur. Alors certes, peut-être qu’intellectualiser cette approche revient à passer à côté de leurs intentions mais le fait est indéniable … encore faut il bien le faire !

Le quatuor ne revendique rien et assume tout, sans se prendre la tête et avec fougue. Aussi à l’aise dans leurs racines que dans leur époque, ils marient les deux avec une certaine réussite et cette aventure, ils ont décidé de la vivre ensemble et d’aborder des sujets qui leur tiennent à cœur. Soyons clair, les morceaux ne sont pas très originaux, mais le tout fonctionne et l’envie de bouger ne vous quittera plus. Ils nous offrent ici un véritable panel de chaque facette de leur identité, se faisant léger et entraînant parfois ou bien négligé et limite hard. Tout ceci est parfaitement huilé et ne nous laisse que le plaisir de profiter d’une musique simple, efficace et bien carrossé.

En fait, le message principal est de ne pas se poser de questions et de se laisser prendre au jeu. S’il est donc impossible de résister à l’enthousiasme communicatif des bretons, il reste tout de même un goût d’inachevé tant leur potentiel semble pouvoir prendre une envergure supplémentaire et qu’ils ont sans doute un médiator d’avance sur certains (Quatre titres même pour un EP, c’est peu). Nous attendons donc le prochain album avec impatience et si on prend également en compte un potentiel live de tout premier ordre, vous imaginez bien que nous ferons preuve de moins d’indulgence la prochaine fois.

Arno Jaffré