Détail de l'album

Notre avis

La recette pour sortir un disque de qualité est de réussir tous les titres qui le composent et moins on propose de titres, plus on a de chance de tous les réussir. Dis comme ça, cela semble évident mais un bon nombre de formations se laissent prendre au jeu du remplissage à tout prix et peinent à nous convaincre dès la première écoute. Si je vous propose ce moment de réflexion, c’est qu’ici il n’en est absolument pas question…bien au contraire.

Ce combo américain originaire de l’Ohio a suivi ce conseil et propose douze titres de haute volée. Porté par des mélodies fédératrices, nous pouvons croiser sur les chansons qui peuplent cet opus des relents de Papa Roach ou I Prevail. Joyeux mélange certes, mais ici point de copie carbone, simplement des inspirations qui allient énergie et désir de bien faire. Ils nous démontrent avec classe qu’en matière de rock metal, ils ont un avantage certain grâce aux riffs inspirés de Andrew Baylis et à la voix puissante de Chris Parketny qui assure dignement son rôle de frontman, passant de l’éraillement typique du genre à de douces et avenantes mélopées.

Ce chanteur possède un organe parfait pour porter, tel un étendard, l’esprit musical du groupe. Mixé et produit par Dan Korneff (My Chemical Romance, Papa Roach, Breaking Benjamin), et toujours à cheval entre un rock énergique et un metal lourd, l’album évolue entre des morceaux directs et des compositions un peu plus recherchées et propose une alternance entre volupté et puissance avec un feeling que ne renierait pas Jacoby Shaddix. Occupant un terrain privilégiant une musique pêchue et technique, la plupart des titres tirent leur épingle du jeu, prennent toute la place qui leur est donnée et s’ouvrent sur des refrains presque racoleurs tant l’efficacité est flagrante.

N’adoucissant que très peu leur propos, certains mouvements prennent a contrario le parti de l’émotion, agrémentant cette galette d’une douceur relative et insufflant avec succès une trame dramatique. Alors même que leur musique demeure clairement formatée, elle n’en reste pas moins attractive et laisse même envisager des écoutes répétées que l’on ne regrettera pas le moins du monde. Nine Shrines débarque donc en grande pompe avec un album d’envergure (après un premier EP 5 titres intitulé “Misery”) et nul doute que ce quintet prendra de l’ampleur dans les années à venir. Pas la peine de se donner rendez-vous dans dix ans, l’explosion surviendra bien avant…

Arno Jaffré