Détail de l'album

Notre avis

En matière de rock, les anglais n’ont de leçon à recevoir de personne, et si vous aimez votre musique saignante ou bien cuite, et que vous avez une envie urgente de vous éjecter de votre canapé pour une séance d’air guitar, ce premier disque de Naked Six est fait pour vous.

Sans être particulièrement innovante, l’énergie est débordante, sans concession, telle une bouffée d’oxygène salvatrice qui ravage tout sur son passage et en dehors de toutes considérations, les mancuniens ont épluché le style jusqu’à la moelle et balancent la sauce sans faux pas, ni fausse note. Même pas peur. Les riffs de guitares fusent de toute part, le tout agrémenté de refrains accrocheurs bougrement efficaces et le rythme est soutenu (c’est le moins qu’on puisse dire). La voix de Seb Byford (fils de Biff Byford / Saxon) surplombe l’ensemble des morceaux tandis que ses comparses Callum et Tom Witts se font vivement entendre. Et ce sans aucune retenue. Le trio nous gratifie ici d’un album fidèle à l’esprit sex, drugs and rock n’roll cher à Ian Dury.

Evidemment, il y aura toujours quelques peine-à-jouir pour nous expliquer qu’aujourd’hui, on n’invente plus rien et que l’on nous sert régulièrement du réchauffé mais nous avons là un groupe à découvrir d’urgence pour ce qu’ils sont. Du rock, du grunge avec une touche embryonnaire de punk…Et si finalement leur secret était de ne rien n’inventer justement pour s’inscrire dans la durée ? C’est en tout cas ce que semble suggérer “Lost Art Of Conversation” avec ses onze titres pied au plancher. Et ça va faire du bruit, prévenez vos voisins !

Arno Jaffré