Détail de l'album

  • DATE DE PUBLICATION /27 octobre 2017
  • LABEL /Holy Records
  • FORMAT /Digipack

Notre avis

Aimer un album, c’est aussi une question de timing. L’environnement, l’ambiance, le moral, l’état de fatigue…autant d’éléments à prendre en compte pour juger au mieux et qui font que vous allez apprécier ce qui passe dans vos oreilles, y revenir ou non. Alors que parfois, il me faut de nombreuses écoutes pour apprivoiser pleinement un opus et en parler à sa juste valeur, ici, dès les premières notes, j’ai senti qu’il se passait quelque chose. Un disque qui commence en trombe donc avec deux titres très bien écrits (La fabrique du fataliste / Noyade Abyssale) sur lesquels les français font étalage de leur talent. Leurs enregistrements dégagent une saine vitalité créative, une énergie violemment Metal et ils disposent également d’une empreinte mélancolique identifiable, nécessaire pour sortir du lot.

La voix nous séduit d’entrée, tandis que les guitares brodent une trame musicale dense et captivante. Misanthrope est à des années lumière de la nauséabonde galaxie mainstream, et si l’écriture des chansons prend parfois une forme plus classique, l’esprit indépendant et underground souffle plus que jamais sur ces compositions. Un groupe intelligent et pétri de bonnes intentions sonores, qui s’il reste capable de sortir de tels morceaux a encore de beaux jours devant lui. Les autres pistes sont du même acabit et l’alchimie imparable entre les rythmiques à la fois sèches et souples, les guitares aussi sauvages qu’aériennes et la voix caverneuse à souhait nous mettent en état d’apesanteur. L’expérimentation reste de mise sans que l’aspect mélodique soit délaissé.

C’est ainsi que l’on découvre des petits bijoux de compositions apparaître ici et là. A l’image des deux premiers titres que j’ai déjà évoqué où ils osent incorporer de la fragilité au milieu du larsen. Ils arrivent également à reproduire des mélodies entêtantes qui produisent un effet non négligeable sur l’auditeur, tout en ne faisant aucune concession, aussi infime soit-elle. Un effort qui témoigne des capacités du groupe à encore évoluer et un quatuor qui a su se décomplexer de ses influences musicales, tout de même assez discrètes et superbement réinvesties. La catégorie “Metal avant-gardiste” pourrait très bien définir leur musique, mais se montrerait en même temps réductrice par rapport à la richesse de celle-ci (En témoigne le fabuleux morceau “Melissa & Darvulia”).

Abouti, riche en guitares virevoltantes avec des vocaux affirmés et des rythmiques souvent alertes, voici une collection de douze titres probants et une oeuvre attractive, qui mérite de tourner plus d’une fois dans votre lecteur.

Arno Jaffré