Détail de l'album

  • DATE DE PUBLICATION /14 février 2018 (En France)
  • LABEL /Bad Reputation
  • FORMAT /Digipack

Notre avis

Je suis toujours resté dubitatif face au succès planétaire d’Airbourne…non pas que ce groupe nous propose de la musique aseptisée mais leur relecture se montre parfois aussi superficielle que flemmarde dans le nerf de ses compositions (je parle surtout des deux dernières sorties). Deux défauts qui ne sont absolument pas présents sur ce disque de Maverick, tant l’écriture apparait léchée et peaufinée dans ses moindres détails. Les influences quant à elles ont été entièrement digérées qu’on en obtient une œuvre aussi nouvelle que rafraîchissante et leur musique fait preuve d’une robustesse absolument effarante.

Ce d’autant plus que la structure du disque ne répond pas aux canons en vigueur : ici un single pantagruélique, là quelques titres concis et oniriques, et au milieu du lascif et du viril, du friable et du béton armé. “Firebird” ne laisse pas indifférent et pour ceux qui aiment rentrer dans les détails, une écoute sélective centrée sur la guitare s’impose tant les lignes des cordes s’avèrent magiques, tour à tour fluides, sensuelles et bondissantes. Le son rugit d’ingéniosité, nous transporte littéralement et on sent la volonté de surprendre, de désarçonner l’auditoire, d’évoluer pour ne pas rester cloîtré dans un hard blues Lo-fi. Chaque titre succède au précédent pour apporter une nouvelle surprise, et alors que certains morceaux devraient suffire à calmer n’importe qui, il vous faudra encore survivre au reste.

Difficile de résister en effet au son volcanique du groupe car tout fonctionne à merveille et les riffs s’enchaînent avec une facilité déconcertante. On pourrait même parler d’une certaine nonchalance bluesy et d’un rock dépouillé, direct et sans compromis. On retrouve notamment l’énergie et l’efficacité dont les australiens sont coutumiers, mais attention, ici pas d’effets superflus, Maverick se concentre sur l’essentiel et s’articule sur une formule éprouvée qui démarre au quart de tour pour un opus vivant, précis et plaisant. Ici pas de demie mesure, on accroche d’emblée ou on passe à autre chose. Le cocktail proposé reste immuable, on ne déroge pas à la doctrine rock, la production me semble très équilibrée, puissante et de cette livraison s’émane une direction musicale contemporaine au registre vintage. Leur énergie est solaire, loin de la noirceur introspective de certaines formations, ici on retrouve une candeur, une liberté et un plaisir affiché et partagé.

En passant avec brio l’épreuve du premier album, le quatuor s’inscrit dans la durée et creuse le sillon d’un rock ensoleillé, bourré d’adrénaline et sans prétention. Au final, huit titres qui vont vous secouer la tête sans vous demander votre avis et quant à savoir si “Firebird” sera parmi les découvertes de l’année…au stade où nous en sommes, on voit mal pour l’instant qui sera en mesure de les éjecter du podium. Vous pensiez n’avoir rien à vous mettre dans les oreilles ? Tant pis pour vous car ces gars font dans le costaud et devraient envahir votre espace sonore en profondeur d’ici peu.

Arno Jaffré