Détail de l'album

  • DATE DE PUBLICATION /30 novembre 2018
  • LABEL /Juste une trace
  • FORMAT /EP, CD et Digital

Notre avis

Ce musicien originaire de Paris ne fait pas du bruit pour faire du bruit. La subtilité dont il fait preuve est bien plus grande et il suffit d’écouter ce qu’il nous propose pour apprécier les nombreuses nuances éparpillées durant ces onze titres mixés par Fred Duquesne (Mass Hysteria, Bukowski…). Bourré de rythmiques passés à la moulinette, de riffs bagarreurs et de sonorités métalliques, cet album nous délivre des pistes incroyablement efficaces appuyés par un son des plus spontané.

Un opus où son rock à fleur de peau peut facilement se diluer dans un univers propice à la rébellion. Les compositions sont solides, hargneuses et taillées pour affronter une tempête de sable. La personnalité authentique du parisien ne se perd à aucun moment entre les sillons et on se demande jusqu’où le charismatique guitariste nous emmènera. Le single “Big Brother” sonne comme un avertissement et donne le ton à l’album. Le francilien cherche ici à pousser un peu plus loin la réflexion en sombrant un peu plus dans la noirceur et en structurant son discours par une approche réfrigérante.

Le chant en français, empreint à la fois d’une certaine conscience sociale et d’une rage communicative dégage une chaleur qui se diffuse dans tout le corps. Les mots de l’humain s’entremêlent avec ceux de son instrument pour ne former qu’une seule langue, celle de la musique. Arrive l’exercice récréatif de la reprise qui du coup cicatrise les plaies. “La chanson de Prévert” de Serge Gainsbourg est revisitée avec classe et s’impose avec suffisamment de singularité. Un texte bien ficelé et une assise instrumentale impeccable qui évoque toute une tradition sans jamais en être prisonnier.

Naviguant avec une grande aisance, JIMM semble avoir trouver le bon chemin pour marquer l’auditeur et on observe un réel souci de la mélodie. Qu’elle nous réjouisse ou nous exaspère, la scène rock française est toujours au rendez-vous quand on s’y attend le moins et devant la pléthore de formations émergeant quasi quotidiennement, nous autres chroniqueurs, ne savons plus où donner de la tête.

Depuis qu’internet est venu accélérer le mouvement jusqu’au vertige, faisant et défaisant les carrières à une vitesse aussi grande que celle du son, il est bon de se tourner parfois vers une valeur sûre. Et JIMM en est une.

Arno Jaffré