Détail de l'album

Notre avis

Le 12 avril dernier, les suédois de Ghost annonçaient la sortie imminente de leur quatrième album. Cette annonce accompagnée par le lancement d’un premier titre “Rats” nous dévoilait un nouveau personnage au chant, qui pour la première fois n’était pas une incarnation de Papa Emeritus, mais le Cardinal Copia. C’est donc ce Cardinal qui a la charge d’interpréter les textes de ces dix nouvelles chansons qui, tour à tour, traitent de la peste, de l’apocalypse, et de certaines périodes funestes de notre histoire.

L’ensemble de ce disque ressemble à un instantané du monde dans lequel nous vivons au quotidien, avec des morceaux qui se veulent être à la fois touchants et alarmants. Les thématiques traitées ici sont plus sombres et ne laissent que peu d’espoir en l’humanité. A ce stade de la saga Ghost, il est intéressant de constater que chacune des réalisations du groupe a de nombreux points communs avec le lancement d’un film à gros budget. En effet, tel un metteur en scène, Tobias Forge (L’homme derrière le phénomène qui a révélé son identité après de nombreux problèmes internes) a toujours tout supervisé : de l’attribution des rôles de chaque membre (Les Ghouls), en passant par la conception des vidéos, des costumes, jusqu’à bien entendu la composition et l’interprétation de la bande son originale.

Une dictature pour le moins efficace puisque “Meliora” leur précédente sortie, ainsi que le mini EP “Popestar”, ont permis à Ghost d’entrer au panthéon des groupes de rock et de gagner de nombreuses récompenses à travers le monde (Dont un Grammy Award aux Etats-Unis). Ce nouveau psaume intitulé “Prequelle” se trouve dans la continuité du précédent avec des pistes qui frôlent le génie (Rats, Faith, Danse Macabre, Witch Image…) et d’autres plus mainstream qui demandent un peu plus de temps pour s’en imprégner totalement (See The Light, Miasma, Pro Memoria, Helvetesefonster…). L’ombre de Blue Öyster Cult n’est jamais bien loin et les claviers apportent une touche opéra rock dont chaque pièce constitue la trame d’une histoire.

Ce genre popularisé par les britanniques de The Who en 1969 avec “Tommy” racontait l’histoire d’un garçon aveugle, sourd et muet qui devenait du jour au lendemain un célèbre champion de flipper, et devenant malgré lui un guide spirituel pour de nombreux adeptes qui finiront par le rejeter. Le Cardinal Copia est prévenu et nul doute qu’il saura avec intelligence esquiver la vindicte populaire. Une nouvelle ère donc pour Ghost et un complexe assemblage d’arrangements pop-hard rock qui devrait leur permettre d’atteindre une nouvelle dimension au niveau international.

Arno Jaffré