Détail de l'album

  • DATE DE PUBLICATION /07 décembre 2017 (en France)
  • LABEL /Bad Reputation
  • FORMAT /Digipack

Notre avis

La musique de FAS IV fait preuve d’une robustesse absolument effarante, ce d’autant plus que la structure du disque ne répond pas aux canons en vigueur : ici un sublime single (Chelsea), là quelques interludes sentimentales concises et oniriques, et au milieu du lascif et du viril, du friable et du béton armé. “Catatonia” ne laisse pas indifférent et pour ceux qui aiment rentrer dans les détails, une écoute sélective centrée sur la guitare s’impose tant les lignes des cordes s’avèrent magiques, tour à tour fluides, sensuelles et bondissantes. Le son rugit d’ingéniosité, nous transporte littéralement et on sent la volonté de surprendre, de désarçonner l’auditoire, d’évoluer pour ne pas rester cloître dans un indie rock Lo-fi.

Chaque titre succède au précédent pour apporter une nouvelle surprise, et alors que certains morceaux devraient suffire à calmer n’importe qui, il vous faudra encore survivre au reste. Difficile de résister en effet au son volcanique du trio car tout fonctionne à merveille et les riffs s’enchaînent avec une facilité déconcertante. On pourrait même parler d’une certaine nonchalance bluesy et d’un rock dépouillé, direct et sans compromis. On retrouve notamment l’énergie et l’efficacité dont les américains sont coutumiers, mais attention, ici pas d’effets superflus, FAS IV se concentre sur l’essentiel et s’articule sur une formule éprouvée qui démarre au quart de tour pour un opus vivant, précis et plaisant. Ici pas de demie mesure, on accroche d’emblée ou on passe à autre chose.

Le cocktail proposé reste immuable, on ne déroge pas à la doctrine rock et la continuité avec leur précédent album “Rat Trap” qui se décalait temporellement de quelques années pour venir nous titiller les oreilles est totale…un cran au dessus. La production me semble d’ailleurs mieux équilibrée, plus puissante et de cette livraison s’émane une direction musicale contemporaine au registre vintage. Leur énergie est solaire, loin de la noirceur introspective de certaines formations, ici on retrouve une candeur, une liberté et un plaisir affiché et partagé. En passant avec brio l’épreuve du deuxième album, ils s’inscrivent dans la durée et creusent le sillon d’un rock ensoleillé, bourré d’adrénaline et sans prétention. Pourtant, personne n’a entendu parler d’eux, ils sont confinés dans l’anonymat le plus total (enfin pour l’instant) mais malgré cela, ils viennent de sortir l’un des albums les plus classieux de cette fin d’année.

Les membres de FAS IV (pour Frank Abreau Salazar IV) ont des choses particulièrement profondes à nous délivrer et ils font parfaitement le lien entre plusieurs styles, et ce disque emporte l’adhésion par sa fougue, l’effervescence sur le plan de l’inspiration et la constance dans l’énergie déployée pour une musique extrêmement bien jouée, très habilement référencée et très agréable à écouter. Météore ou étoile naissante ? L’avenir nous le dira…Eteignez les lumières et installez vous dans la quiétude de votre salon et laissez la musique vous transporter !

Arno Jaffré