Détail de l'album

  • DATE DE PUBLICATION /08 février 2019
  • LABEL /Bitter Noise Productions
  • FORMAT /EP, CD et Digital

Notre avis

Le post-rock n’est peut-être pas le genre musical qui suscite le plus de vocations auprès des petits français, il n’empêche que les rares musiciens issus de notre pays qui ont tenté leur chance dans ce milieu s’en sont plutôt pas mal sortis. Aujourd’hui, c’est au tour des Fabulous Sheep de rentrer dans la danse avec leur premier album. Le moment est donc venu pour eux de nous montrer ce qu’ils ont dans le ventre. Quintet originaire de Béziers, Fabulous Sheep est une jeune formation qui possède malgré tout assez de vécu pour se forger un son et une identité qui lui soient propres.

En bon élève, ses membres ont étudié avec beaucoup d’attention les enseignements dispensés par les maîtres en la matière que sont Sigur Ros ou Mono, et d’ajouter à l’ensemble une petite touche personnelle qui se fait, il faut bien le reconnaître, trop peu entendre ici. Chargée en émotions et en déflagrations, la musique de Fabulous Sheep se vit comme tout bon disque de post-rock qui se respecte : le voyage est tantôt reposant, tantôt mouvementé, mais jamais ennuyeux. Et bien que l’on sente chez ces jeunes gens une maîtrise assez impressionnante de leur sujet, c’est lorsqu’ils s’éloignent quelque peu des sentiers battus qu’ils séduisent le plus.

De bout en bout, le groupe défie avec beaucoup de raffinement les codes en vigueur depuis de nombreuses années pour insuffler à leur musique une légère dose de pop qui rend l’ensemble encore plus intéressant. Et si ces incursions sont souvent très (trop) discrètes, lorsqu’elles dominent le morceau, on sent clairement que cette formation a le petit quelque chose en plus capable de les propulser vers les sommets.

S’il est évident que les amateurs de post-rock trouveront allègrement leur compte sur cet album éponyme, ceux qui en demandent un peu plus à un genre qui a parfois tendance à se complaire dans l’immobilisme comprendront vite que ce disque-là entrouvre des portes que le groupe ne devrait pas se gêner d’enfoncer sur son prochain effort studio.

Arno Jaffré