Détail de l'album

Notre avis

Le retour du vieux son analogique (Rival Sons, Blues Pills…) et le revival australien (Wolfmother en tête) ont rassuré bien des adeptes de hard rock à l’ancienne et le courant continue de nous offrir de jolies perles. Mais ne tournons pas autour du pot : “Mother” la dernière galette d’Electric Mary est issu du même métal précieux que les chefs d’œuvre forgés en leur temps par Bad Company, Cream, Led Zeppelin, The Doors…et autres monstres sacrés du genre.

Après avoir frappés très fort à la porte du panthéon du rock en 2009 avec “Down To The Bone”ils y font cette fois-ci une entrée fracassante par la grâce d’un disque dont la puissance doit autant à la voix mi ange, mi démon de Rusty Brown qu’au groove diabolique distillé par le reste du groupe. Nous avons le droit ici à une démonstration pure et simple de la part du chanteur. L’animal parvient à moduler sa voix de façon déconcertante, à l’aise aussi bien lorsqu’il s’agit de s’arracher les tripes en poussant les notes que sur des passages moins démonstratifs. Si la comparaison avec les mastodontes de la discipline semble toujours inévitable, ils réussissent malgré tout à imposer un style beaucoup plus personnel que sur leur précédente livraison.

Le combo en pleine progression lâche des singles comme s’il en pleuvait, et si certains titres flirtent avec l’appel des ondes des stations de radio américaines, ce n’est que pour mieux nous attirer et nous mettre ensuite une claque derrière la nuque, tant ce nouvel opus est l’incarnation quasi parfaite de l’album de rock par excellence. Non content de rendre un hommage appuyé à leurs ainés, les australiens disposent d’un son unique et reconnaissable entre mille. Rugueux, bluesy à souhait avec parfois quelques accents stoner, plus musclé et mieux produit, “Mother” est la parfaite illustration du disque enregistré par des musiciens amoureux du son old school mais dont la fougue permet d’offrir une réelle dynamique à des compositions puissantes et rock & roll.

Ils maîtrisent parfaitement leur sujet, surprenant l’auditeur convaincu d’écouter un vieux disque de hard rock sans réellement comprendre comment ce dernier fait pour sonner de manière aussi moderne. Un pied dans les seventies, l’autre dans les années deux mille, des mélodies accrocheuses et des influences vintages digérées avec une facilité toute britannique, ces hors la loi se sont affirmés en l’espace de quelques années, comme des acteurs majeurs de la scène internationale. Un excellent disque, d’ores et déjà un des albums de l’année et un classique pour celles à venir.

Arno Jaffré