Détail de l'album

Notre avis

Alors que la musique de certaines formations semble sortir d’une chaîne de montage, celle d’El Royce se diversifie et se bonifie. Les nantais donnent dans le heavy rock, celui qui fait peur à ta petite sœur et déplaît systématiquement et fondamentalement à tes parents. Derrière cette recette brute de décoffrage, quelques subtilités assez jouissives : Des riffs de bûcherons, une assise rythmique de compétition avec une batterie sèche et puissante, des refrains qui claquent et une voix virile qui vient nous chuchoter une poésie bien distrayante.

De cette osmose naît le sentiment d’un groupe soudé et inutile d’être licencié en langue étrangère pour imaginer ce que des titres comme “Get Some Dirty White Blues”, “White Night Black Cadillac” ou bien “Snake Boogie Shake” racontent. Pour le reste, tout est suffisamment bien huilé pour donner le change en cas de panne d’idée et leur partition est aussi directe que le verbe.

Affirmer son identité ne veut pas dire renier ses racines pour autant. De l’énervement au dynamisme, cet opus passe par tous les états. “Cold As Ice” vous ensorcelle et s’imprime de manière indélébile dans les cavités de votre cerveau. Sa structure n’est d’ailleurs pas sans rappeler un titre de Danko Jones. “Ride The Cannon Ball” est un hommage à peine voilé aux Beatles, avant de s’envoler vers d’autres cieux.

“White Night Black Cadillac” est un rock primaire gonflé à la testostérone et sans aucun temps mort. Respectant une urgence des plus respectables, ils ont la capacité de parler plusieurs langues et sans forcément révolutionner leur approche musicale, le quatuor confirme avec “Dirty White Blues” un immense talent. Ils évoluent donc encore avec un album sauvage, racé, énergique et truffé de morceaux ayant tous un très fort potentiel.

Voici donc une nouvelle livraison d’une belle authenticité, aux fragrances d’un vieux cuir usé, et qui dégage une certaine singularité, beaucoup de nuances avec un songwriting qui diffère. Leur meilleure cuvée ? Sans aucun doute !

Arno Jaffré