Détail de l'album

  • DATE DE PUBLICATION /08 novembre 2019
  • LABEL /Auto-production
  • FORMAT /EP, CD et Digital

Notre avis

Pour mettre en musique cette armada de titres aussi bons les uns que les autres et avec un line up minimaliste, il nous fallait deux musiciens en forme olympique. Et c’est le cas ici. Le premier effort longue durée de ce duo possède des arguments solides avec pour prétention de faire souffler une tempête de sable dévastatrice constituée d’une guitare toute en distorsion et d’une batterie frénétique. Benoit Portolano au chant est extrêmement convaincant. Et si l’on tient compte également de son sens aiguisé du refrain, on réalise que son organe vocal suffit à rehausser des productions que l’on pourrait trouver moyenne pour n’importe quel autre artiste.

Et que dire de son jeu de guitare si ce n’est que c’est la raclée assurée. Bien compliqué également de résister aux nombreuses attaques frontales de Fred Wissler à la batterie qui nous prend à la gorge dès les premières secondes. La paire française est en pilotage automatique mais heureusement pour nous ne conduit pas une vieille bagnole proche de la casse mais une Ford Mustang rutilante et du genre à attirer tous les regards. Dans cette orgie rock-blues-stoner, rien au final n’est à jeter. Made In Blackfeet” remplit ainsi son objectif premier : insuffler comme un vent de fraicheur sur l’indie rock hexagonal.

Blackfeet Revolution pourtant ne révolutionne rien (oui je sais, elle était facile celle-là) mais ils affinent leur propos et en tire la quintessence portée par le jeu aguerri de ses musiciens. Un “must have” de cette fin d’année à coup sûr, un disque consistant à la hauteur des meilleures sorties et une valeur sûre à n’en point douter, que l’on peut écouter en boucle sans avoir la nausée. Voilà qui est suffisamment rare pour être souligné. Du rock de qualité donc encore épargné par la loi du business et de la froideur d’une promotion envahissante. Les frenchies pas glamour pour un sou conserve tout du long et avec panache une ligne directrice qui leur évite la déroute et le tout dans une désinvolture qui fait plaisir à voir et à entendre. On espère maintenant une longue tournée dans les plus brefs délais.

Arno Jaffré