Détail de l'album

Notre avis

Quelque part, nous sommes tous des fans de Blues. Effectivement, on ne compte plus les formations issues des années 60 et 70 qui se sont inspirés librement d’artistes comme Robert Johnson, Muddy Waters, BB King, John Lee Hooker, Howlin’ Wolf, Elmore James … et qui ont donné naissance un peu plus tard au Hard Rock sous sa forme la plus primaire. En pause depuis leur dernier album “Kentucky” (sorti en 2016) qui n’avait pas réussi à me séduire entièrement, les américains de Black Stone Cherry se sont offerts une récréation en sortant cet EP de reprises. Au menu, que du très bon et des titres hard blues qui j’espère ne vous laisseront pas indifférents. Tout démarre sous les meilleurs auspices et on se rend vite compte que la production est colossale. L’entrée en matière est réussie (Built For Comfort / Willie Dixon), avec des riffs bien reconnaissables, et la voix rauque et puissante de Chris Robertson reste le point fort du groupe.

Ils confirment leurs acquis de bien belle manière et enchaînent les titres, aussi classieux les uns que les autres, titres qui s’insinuent d’ailleurs dans un coin de votre cortex, que vous le vouliez ou non. C’est mature, magnifiquement bien exécuté, diversifié et respectueux de la culture américaine. Bien que cela ne soit pas très original, tout cela reste très efficace et il est évident que le groupe dispose d’un langage harmonique propre où l’ambiguïté majeur/mineur joue un rôle important.

Ils font notamment honneur à Albert King (Born Under A Bad Sign), Muddy Waters (Hoochie Coochie Man) et ont comme bagage tout le nécessaire pour se remettre sur les bons rails. Rien de tel qu’un retour aux sources n’est ce pas ? A l’horizon, aucune prise de tête : des riffs / des titres / des refrains et du plaisir, rien que du plaisir. Avec l’utilisation de sonorités qui ne nous sont pas étrangères, cette bande de potes, aussi impressionnante sur le papier qu’en studio, nous offre ici une collection de chansons qui ne laisse planer aucun doute sur leur état de forme. Et cela fait un bien fou de les revoir ainsi. La mayonnaise reste donc très constante, et le quatuor arrive, sans dénaturer le goût initial, à nous proposer une relecture au forceps. Il est bien rare de trouver un groupe qui sait aussi bien allier le fond et la forme, alors profitons-en !

Arno Jaffré