Le clip “manger des cailloux” en tête, et le CD/DVD « Live à Quiberon » en main, ce samedi 23 mars, je vais retrouver Les Fatals Picards et Les Trois Fromages au Chabada à Angers. Une soirée organisée par AMC Productions, sous l’égide du Rock n’drole, du Punk doux mais qui dérange et de l’humour noir. De l’humour oui, mais du sérieux et de l’engagement aussi.

 LES 3 FROMAGES

Vous jouez ce soir au Chabada avec Les Fatals Picards.Vous êtes des copains !

Non…En réalité oui. On leur a tout appris comme dirait Mike Brant. Un jour Mike Brant a dit “Joe Dassin, tu m’as tout pompé” (rires).

Oui, ce sont nos copains. Cela fait quelques années que l’on fait des concerts et qu’on les croisent. On est devenu quand même bien pote avec eux. Se retrouver sur scène avec Les Fatals Picards ce soir, ça fait vraiment plaisir. Et il y aura des surprises !

Vous pouvez nous parler un peu de l’évolution du groupe depuis votre création en 2006 ?

Le groupe a pas mal évolué. Vous connaissez les Pokeball ? Si on la coupe, il y a les trois fromages dedans. Et elle a grossie. Nan ,c’est nul ! (rires).

En 2006, on répétait dans une salle à Quiberon. On a évolué là-bas, puis on a bougé à Rennes six ans après. Thibault a intégré le groupe en 2011, Kévin est arrivé il y a deux ans.

Au début, c’était un répertoire un peu plus Punk Rock, moins travaillé, puis au fur et mesure, on est devenu professionnel. On a inventé le Rock n’Drole. On a travaillé un show avec son et lumières avec Kamel Ouali pour la choré’ (rires). Plus qu’un simple concert, on présente un spectacle qui allie théâtre et musique.On évolue d’année en année, d’album en album.Donc au final, quatre albums et un DVD qui vient de sortir.On est à 800 / 900 concerts environ depuis le début.

Récemment vous avez donc sorti « Live à Quiberon », puis enchaîner sur pas mal de dates. Comment se passe ce début d’année ?

Très bien. On joue toujours les chansons de “maman j’ai raté l’album”, et on présente le Live à Quiberon. On a fait une petite pause, et là on est sur la 8eme date de 2019.

Vous avez monté un financement participatif ?

Oui, pour “maman j’ai raté l’album” qui a bien marché d’ailleurs. On a fini à plus de 150 %.Nous sommes indépendants et c’est important pour nous. On a prit exemple sur d’autres groupes, on a monté une association, et on gérait tout nous même. On est donc indépendant au niveau du disque, et on a juste un distributeur. On tient les manettes, on est au courant de tout et on sait ce que l’on fait.Si un jour on veut devenir plus gros, il faudra peut-être faire des sacrifices. Mais pour l’instant, même si c‘est du boulot cela nous convient. C’est primordial pour nous, à notre niveau d’être indépendant. Mais on reste ouvert aux propositions, et on a vraiment envie d’être en constante évolution.

Mais cela ne vous rajoute pas trop de charge de travail d’être indépendant ?

Si, mais c’est notre métier. Mais ça va. Tu vois, la semaine on est à la maison. On se répartis les tâches. Thibault nettoie le camion, Kevin nettoie Thibault… (rires).

Enfin bon, on a quand même quelqu’un qui gère la paperasse et tout derrière, on un tourneur… on a des gens qui sont qualifiés sur des tâches bien spécifiques. Mais on est au courant de tout. On est impliqué. On produit aussi des dates. Hier on a joué a Niort, et c’est nous qui organisions le concert. On est “multi-casquettes”.

Pensez-vous refaire une financement participatif ?

Oui. Mais pas tout de suite. Mais c’est bien parce que c’est un truc qui marche. Moi (Willy), je suis étonné car je pensais que ça n’allait pas durer longtemps, que l’État allait tout pompé. Mais non, pour l’instant ça marche bien et les gens aiment.Par contre, c’est du taff. Plusieurs centaines de colis à préparer et à envoyer.  On a toujours des contreparties pour le public, et c’est normal. Sinon, c’est un peu bâtard. On essaie de faire toujours le plus juste possible, que ça corresponde au montant donné. Ça serait exagéré de dire “pour 60 euros, on vous offre… l’album”.

Vous pouvez nous parler un peu de l’avenir ?

Là, on est sur la tournée, elle va durer jusqu’en novembre/décembre. Pas mal de dates, surtout l’été, et pas mal de festivals. Là, on présente vraiment le DVD.Mais on va pas faire un Zénith. Bon, sauf si on nous le propose !Après on préparera de nouvelles choses. Mais il faut créer l’attente aussi.

Une dernière question, vous êtes breton, vous le vivez bien ?

Oui on le vit bien, évidemment ! En vrai, on fait le tour de la France toute l’année et il ne pleut pas forcément plus en Bretagne. Nous, on est bien en Bretagne. La Bretagne en cathéter ! (rires). Ah, on peut sans doute faire une chanson avec ça.

Les 3 Fromages

Les 3 Fromages

LES FATALS PICARDS

Vous jouez aujourd’hui sur les planches du Chabada, Ce n’est pas la première fois…

Oui, on a vu notre nom. En 2012 ! Il y a une petite dizaines d’années donc.

Vous jouez d’ailleurs dans pas mal de petites villes, c’est un choix ?

On fait comme ça se présente en fait. La semaine prochaine tu vois, on est à Bordeaux, Montpellier… Donc on fait aussi des grandes villes. Mais en France, il y a beaucoup plus de petites villes que de grandes villes. Nous on fait entre 200 et 250 dates par an, voir 3000 (rires). Non, c’est pas possible. On en fait environ 70, donc forcément on passe par des petits bled. Aussi des petites communautés de commune qui s’allient pour faire des festoch.

Effectivement vous enchaînez les dates, plus de mille concerts à votre actif, et une vingtaine d’années de carrière…

Oui, ça ne nous rajeunit pas tout ça !

Est ce que vous aimez toujours ça comme au premier jour ?

Oui, oui, après c’est plus pareil forcément. C’est même plus fort qu’au premier jour. C’est d’autres émotions. C’est différent. Il y a toujours autant de plaisir, mais c’est différent.

C’est notre métier. 20 ans ! Après ce n’est pas un métier comme-ci tu allais bosser à la poste ! Tu rencontres des gens à 22h sur scène. Mais même le boulot le plus cool, il est chiant a un moment donné. Donc plus qu’un métier, c’est une passion.

D’ailleurs on peut dire que vous êtes assez proche de votre public.

Oui, en fait ils ne sont pas à plus d’un mètre mais ça dépend s’il y a des crash barrière ou pas ! (rires).

Je pensais plus aux ateliers du financement participatif (atelier cocktail, remise en main propre du CD…)

Oui, c’est un fait, on est proche de notre public. On est là pour les faire marrer aussi. On aime bien les gens, discuter. Au fur et à mesure du temps, on s’est fait des potes un peu partout. Les gens sont contents aussi. Ça fait partie un peu du jeu de dédicacer quoi ! Nous minot, ça nous aurait brancher d’avoir une dédicace d’un  mec comme nous.

Je pense que tu peux pas te forcer de toute façon avec les gens. Si tu le fais, tu le fais toujours de bon cœur, sinon ça se voit, et ça ne marche pas.

Et c’est vrai que l’on a une bonne communauté de fans qui nous suit depuis des années et qui nous permet de faire des crowdfunding, et de nous aider à continuer cette belle aventure qu’est les Fatals Picards.

Du coup, c’est une source d’inspiration votre public ?

Oui, ça peut arriver. De toute façon, on prend les blagues où elles sont. Soit on les voit, soit on les lis, soit on nous les raconte. Effectivement, il y a des gens qui nous ont inspirés, directement ou indirectement. On ne peut pas dire “tiens on a écrit telle chanson pour elle ou pour lui”. Mais on a écrit une chanson sur Bernard Lavilliers, pour Bernard Lavilliers. Mais je crois qu’il fait pas partie de notre public. Ah peut-être qu’il vient en secret à l’Olympia, faudrait lui demander ! (rires).

Vous avez sûrement des histoires anecdotiques ?

Moi, j’ai sucé un nain ! Dans une boite après un concert, je ne sais plus. Enfin c’était pas un nain, c’était un très petit monsieur. Très sympa d’ailleurs. (rires).Oui forcément il nous est arrivé des trucs, mais comme l’expérience du nain, c’est inracontable.On a des bons souvenirs, des tristes, des moins bons…

Vous avez des textes assez politisés, vous avez des thèmes de prédilections ?

Non, les thématiques se présentent, on arrive à en faire des chansons ou pas. Des textes marrants ou pas. Il y a pas trop de secret dans l’écriture, et il n’y a pas de recettes qui marchent a chaque fois.

Et des thèmes interdits ?

La pédophilie. Les moules, je supporte pas, ça me donne mal au ventre.Bon, une chanson : je viole et je torture ma mère après l’avoir sortie de sa tombe… non, non, non !Voilà, on a quelques interdits qui sont de l’ordre de la nécrophilie, la zoophilie, et les Playmobils djihadistes (rires).

Vous sortez en avril votre 9eme album, « Espèces Menacées », vous pouvez nous en parler ?

C’est notre nouvel album, c’est le meilleur, le plus récent en tous cas. Toujours dans la même veine des Fatals Picard au niveau thématique et musique. Éclectique, farfelu, politique. Il y a un peu de tout. C’est la carte d’un bon resto’. Mais c’est vrai qu’il est encore plus abouti que celui d’avant. Il est vraiment très marrant. Et musicalement c’est le meilleur.

Il y a quelques jours, le clip “sucer des cailloux” est sorti. C’est le titre qui définit le mieux le reste de l’album ?

Non ! en fait, c’est ça qui est difficile avec les Fatals, on ne peut pas fonctionner en single. On n’est pas comme De Palmas ou Shaka Ponk qui font toujours pareil. Nous, ça passe tellement du coq à l’âne. Il y en a aucune qui représente l’album.On a choisit celle-ci parce qu’elle nous plaisait bien. On avait l’idée d’un clip dans un supermarché. En plus, les interdis alimentaires, ça parle a tout le monde.

Vous avez d’autres clips qui vont sortir ?

Oui, on a une chanson qui s’appelle “Angela” sur Angela Merkel qui est pas mal. Mais le clip ne va pas sortir tout de suite.

Un dixième album ?

Oui sûrement, mais on porte déjà le neuvième. On en fera sûrement un petit dernier pour la route.

Je file ensuite au concert. Les deux groupes oscillent entre humour, jeux de scène et interactions avec le public. La foule chante les nouvelles et les anciennes chansons à tue tête avec beaucoup d’émotions. On ne s’en lasse pas, on ne les lâche plus, et on en redemande !

Céline

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