A l’occasion de la conférence « Metal : Mode d’emploi » animé par Fréderic Leclercq (DragonForce,  Sinsaenum) et Stéphane Buriez (Loudblast, Sinsaenum) j’ai pensé qu’une petite interview serait la bienvenue.

Frédéric Leclercq est le bassiste francophone du groupe Mondialement connu, DragonForce. Après 4 millions de CD vendus à travers le monde des tournées au Japon, DragonForce est devenu le pilier du Speed/Power Metal. En 2011, Dragonforce a connu un changement de line-up important. En effet l’ancien chanteur ZP Theart est remplacé par le très charismatique Marc Hudson qui relève le niveau du groupe aussi bien en live que sur album. Le groupe est en préparation de Reaching Into Infinity qui sortira le 19 mai 2017, en espérant que celui-ci sera aussi bien travaillé et epic que « Maximum Overload » (qui est un de mes albums coup de cœur.)

Stéphane Buriez est le chanteur de Loudblast, groupe Lillois de Death/Thrash Metal qui est aussi un des pionniers de la scène Metal Française avec 13 albums à leur actif. Il est aussi animateur sur l’Enorme TV, producteur, ingénieur en son  et créateur des studios LBLAB.

Frédéric et Stéphane font également partis du super groupe Sinsaenum où on peut retrouver aussi Heimoth (Seth), Attila Csihar ( Mayhem, Sunn O)) ), Sean Zatorsky ( Daath) et Joey Jordison (Ex-Slipknot).

Voici donc l’interview que j’ai effectuée avec Frederic et Stephane.

Syn : Bonsoir Fred, bonsoir Stéphane ! Je vous retrouve donc aujourd’hui au Silo (Le Mans) dans le cadre de la conférence « Metal : Mode d’emplois ». Comment vous est venue l’idée et l’envie d’animer ces séminaires?

Stéphane : On le faisait chacun de notre côté enfait sur la musique, la guitare ou encore le Metal notre métier de musicien, producteur et puis on s’est retrouvé lors de la tournée de Loudblast en 2011 ou 2012 et on nous a proposé de faire cette conférence autour du Metal on a dit oui, évidemment !

Fred : Donc on s’est retrouvés pendant 1h30 ça s’est bien passé et comme on est amenées à se voir souvent, notamment sur la tournée de Loudblast, où je les ai rejoint, et sur Sinsaenum on s’est dit que se voyait pas assez (rires) Alors on en a parlé puis on s’est dit « tient on pourrait faire ces conférences de manière plus sérieuse » et ce soir on en est à la 6ème présentation

Stéphane : Fin 2016 on s’est retrouvés et on s’est dit «  qu’est ce qu’on va raconter ?» On a fait un plan afin que la conférence tienne 3 heures. Il faut être intéressant, revoir l’histoire du Hard Rock, du Metal pour ensuite rentrer dans le vif du sujet et parler de ce dur, mais beau métier qu’est le nôtre !

Syn : Il y a déjà pas mal de conférences sur la culture des musiques extrême ne serait-ce qu’avec Christophe Guibert, Corentin Charbonnier etc… Et aussi le congrès international « Heavy Metal et Sciences Sociales » qui s’est déroulé à Angers en décembre 2014. Aimeriez-vous participer voir organiser un congrès de ce genre ?

Stéphane : Je pense qu’on y a notre place, qu’on maîtrise notre sujet on sait de quoi on parle et que de toute façons, on est dans ce milieu depuis longtemps c’est notre métier on a nos propres avis et ce qui est intéressant c’est de les confronter, de ne pas toujours être d’accord d’apporter aussi son point de vue sur une facette du métier qui parfois, est ignorée du grand publique.

Fred : On ne fait pas non plus dans la sociologie pure, on essaie de passer un bon moment ! Y a beaucoup de métalleux qui viennent on pensait qu’il y aura plus de curieux et finalement ce sont des gens qui connaissent déjà ce que l’on fait et qui viennent pour se faire plaisir. Il n’y a pas de sens profond du genre « Le Metal dans la société d’aujourd’hui »

Stéphane : Ce n’est pas comme ça qu’on à commencer à écrire la conférence du moins pas les grandes lignes, c’est absolument pas ce vers quoi on voulait tendre. On veut s’adresser aux curieux comme aux fans de Metal afin qu’ils se sentent chez eux.

Syn : Votre conférence dure tout de même plusieurs heures et au programme l’histoire du metal, les divers aspects spécifiques à cette musique. C’est incroyable de voir une conférence aussi complète, mais est ce que cette présentation s’adressait, à la base, à un public de métalleux, ou à un public plus novice ?

Fred : On a voulu ratisser large dans le sens où on savait que ça changerait d’une conférence à l’autre. La dernière fois nous étions à Rouen où il y avait plus de cent personnes, c’était principalement des métalleux et c’était très sympa, ça rigolait, applaudissait il y avait un véritable échange. Lors de la toute première conférence, il y avait des filles qui ne connaissaient rien du tout au style et c’était rigolo car il fallait vraiment leur expliquer car généralement quand on parle de Metallica, tout le monde connaît et ça fait plaisir quand on passe un morceau. On a aussi nos instruments car on joue deux morceaux car on voulait montrer au publique des riffs et tout ça

Stéphane : Globalement, ils connaissent tout l’histoire du Metal et ça fait du bien de la réentendre on zappe peut-être certains groupes mais nous aussi on a notre interprétation de cette histoire-là notre sélection est un peu arbitraire il y a les grande lignes mais aussi des groupes qu’on aime on les fait passer et on explique pourquoi on les aime.

Fred : Et du coup c’est rigolo parce que comme Stéphane l’a dit, on oublie de nommer certains groupes, parfois volontairement, parfois involontairement, et voilà la dernière fois il y avait un de nos amis, un grand journaliste dans le milieux qui était là on s’est un peu mis la pression et puis après je lui ai demandé ce qu’il en pensait et il m’a répondu que c’était pas mal, il y a eu quelques oublis mais la conférence évolue au fur et à mesure grâce au remarques du publique.

Stéphane : Puis on a le plan de la conférence mais selon le publique où ce qu’on a envie de dire, ça change aussi, ce n’est pas strictement encadré d’une conférence à l’autre

Syn : Est-ce que vous prévoyez d’améliorer la conférence en invitant d’autres artistes nationaux voir internationaux à venir faire une présentation ?

Fred : Non c’est que nous deux ! (rires) ça pourrait être rigolo, on l’a fait la dernière fois, il y avait des amis musiciens qui étaient là et on les a fait monter sur scène. Mais on ne va pas faire venir quelqu’un expressément pour qu’il intervienne, c’est notre projet avec Stéphane, on parle déjà beaucoup si il y a une troisième personne, là ça va durer 6/7 heures. Admettons si ce soir il y a Leslie ou François Fillon (c’est les seules célébrités de Mans qu’on a trouvé) on les fera intervenir.

Stéphane : Après si on nous propose une exclusivité où une conférence un peu différente, évidemment on pourra l’améliorer mais ce n’est pas dans notre plan de la faire évoluer après on est ouverts à toute propositions.

Syn : Vous avez également tout deux vos groupes respectifs Fred, tu es le bassiste de DragonForce (qui d’ailleurs, viens de dévoiler la pochette du nouvel album), Stéphane tu es le chanteur de Loudblast, vous jouez dans le super groupe Sinsaenum et vous avez également fait un tribute à Massacra au Fall of Summer 2016, qui a d’ailleurs été un set incroyable… Ce n’est pas trop difficile de gérer tout ça en même temps en plus de ces conférences?

Fred : Si je commence à être un peu surchargé.

Stéphane : Après on l’a choisi même si on regarde quand on va pouvoir rentrer chez nous ou rester une après-midi. On a choisi ce métier. Le grand public ne s’en rend pas forcément compte en se disant qu’on fait beaucoup de concerts. C’est vraiment un métier très dur et très fatigant, on voyage énormément comparé au temps passé sur scène. Mais on l’a choisi et je ne regrette absolument pas de faire ce métier, c’est ce que j’aime et je n’ai pas envie de faire autre chose

Fred : Effectivement entre Dragonforce et le prochain album, Sinsaenum ou je continue de travailler et je suis dans Loudblast pour la tournée, je commence à avoir pas mal de cordes à ma harpe.

Syn : Belle expression ! Mais ça vous fait quoi de passer de musicien à conférencier ?

Fred : Ça change pas grand-chose, on fait tous les jours les guignols devant des gens, c’est juste que c’est un exercice que je trouve plus fatiguant que le concert, j’utilise pas du tout la même partie de mon cerveau autant sur un concert pendant une heure et demie, deux heures, je peux courir à droite à gauche, agiter ma tête et sortir de concert rincé mais j’ai l’habitude de ça alors que là, il faut parler pendant trois heures, interagir avec le publique. Des fois Stéphane va s’arrêter de parler puis je me dis « Mince je n’avais pas prévu ça, faut que j’enchaîne »

Stéphane : Le plus dur c’est de faire la conférence et le concert de Loudblast la même journée ! Parfois on n’a même pas le temps de manger on fait la conférence, les balances, dédicaces et concert

Fred : Mais entretemps on boit ! C’est pour nous donner du courage… (rires)

Syn : Ce que je trouve super c’est que « Metal mode d’emplois » ne se cantonne pas qu’à de grandes villes comme Paris, Strasbourg, Nantes, est ce que c’est important pour vous d’aller dans des villes moins grandes ?

Stéphane : Eh bien on va là où on nous demande de venir mais ça suit la tournée de Loudblast vu que notre booker planifie aussi les conférences, on essaie de lier l’utile à l’agréable mais il y a des endroits où on est allés juste pour la conférence et surtout pas faire ça que dans des grandes villes autrement le nombre de présentation diminuerais. Et des Metalleux il y en a partout, les salles de concerts aussi, cette conférence est amenée à continuer, c’est un sujet qui évolue constamment il y aura toujours des choses à dires

Fred : On fait aussi en fonction de nos emplois du temps. Dans quelques temps je serais surbooké quand l’album de Dragonforce va sortir mais je continuerais à parler Metal même si on part pendant un an, je ne vais pas revenir en me disant que j’ai tout oublié c’est un sujet qu’on maîtrise après tout.

Syn : Une question que je me pose depuis quelques temps… Avez-vous déjà pensé à éventuellement faire un concert avec Sinsaenum, DragonForce, Loudblast et le Tribute de Massacra ? Car il faut avouer que ce serait une date sacrément difficile pour ceux qui seront présent sur scène 3 set sur 4 mais ce serait un bon défi à relever non ?

Stéphane : Oh la vache ! Déjà c’est dur de se réunir avec Sinsaenum alors tous les groupes ça va être compliqué ! Après on peut rêver, les rêves ça fait avancer les choses ! Mais pour l’instant ce n’est pas dans les tuyaux

Fred : Ce serait rigolo, mais on serait rincés ! De plus si je dois assurer les quatre set vu que j’ai rejoint Loudblast pour la tournée ça va être difficile. Mais ce n’est pas à l’ordre du jour. Pour le moment c’est Loudblast ensuite, Dragonforce, Massacra Tribute on reparlait de faire des dates mais c’est pareil que Sinsaenum.

Stéphane : il y a beaucoup d’intervenant on a réussi à fédérer pratiquement tous les acteurs de la scène Death Metal de l’époque et c’est ça qui était intéréssant. On a beaucoup travaillé pour ce tribute qui est entre autre un One Shot mais si des orgas sont intéressées pour nous programmer et qu’on est disponibles, pourquoi pas !

Syn : Ce que je trouve génial c’est votre implication au sein de la culture des musiques extrêmes en France parce qu’on vous voit partout, des personnes qui se bougent pour faire vivre cette chose qui est une véritable passion pour beaucoup et qui restent authentiques ça fait du bien !

Stéphane : Ça en ennuie pas mal mais nous on aime bien ! J’ai fait une émission de télé pendant 4 ans qui a quand même eu un gros succès qui s’est malheureusement arrêté depuis, on sait qu’il y a un vrai publique passionné par cette musique c’est pas seulement écouter un CD et aller à un concert et puis on ferme la boîte après, non elle restera toujours ouverte.

Fred : C’était presque beau, ça devrait devenir une citation !

Syn : Je suis d’accord avec toi Fred !Cet entretien touche à sa fin en tout cas, merci à vous pour cette superbe interview ! Je vous souhaite une bonne continuation et peut-être à une prochaine, qui sait !

Prochaines dates en France de Dragonforce et Loudblast